à la basse.... Jean Charles

 

Jean Charles : basse

Le mystère est enfin levé : « A l’arrière des dauphines », … «  y’a un truc qui fait masse » …toutes ces tirades bien sculptées du feu Alain ne sont pas le fruit d’un mystérieux accouchement artistique. L’arrivée de JC chez Simone enlève une bonne fois pour toutes le doute sur le côté un tantinet déjanté de la prose Bashungienne. C’est que notre tout nouveau bassiste attendait depuis des lustres le moment où il allait enfin pouvoir révéler à la presse spécialisée comment il avait inspiré le garçon qui savait crever l’oreiller. D’aucuns pourraient croire que le bassiste désormais attitré de Simone avait rêvé trop fort. Il n’en est rien. Ce qui suit décrit la dure réalité de ce gratteux branché.

C’était au « Galion» à Fougères, à la belle époque, quand les prises de courant sans mise à la terre étaient légion. Alors lead guitare des Wilders, JC envoyait la sauce à même le carrelage, les talons des santiags immergés dans des flaques de bière. Sentant comme un picotement naissant au bout des doigts, il s’arrêta net au beau milieu de « Highway to hell » d’ « Assez d’Essais » (les Wilders qui avaient mis la barre trop haute en tentant de reprendre les chorus d’Angus Young, avaient eu la sagesse de revisiter ainsi le nom du groupe australiens). JC se pétrifia devant un public médusé. Le patron des lieux ralluma les lampions du pub. Chacun put alors découvrir une banane dépassant d’une bonne tête de la foule, les yeux rivés sur le charismatique guitariste des Wilders qui disparaissait lentement derrière un rideau de fumée blanche.

La bière se vaporisait. Un nuage malodorant s’élevait lentement, venant progressivement occulter un corps qui était entré en vibration. A faible fréquence tout d’abord, puis à un rythme croissant jusqu’au moment où la banane s’extirpa promptement de la foule en gueulant : « Y’a un truc qui fait masse, y’a un truc qui fait masse … ! ». Il renversa au passage les spectateurs du devant de la scène avant de venir s’arrimer au câble de la Gibson pour terminer en glissade, à plat ventre sur le carrelage, avant d’arracher violemment le jack du Fender. Au même instant JC réapparut. Il était vivant. Les cheveux piqués sur le crâne, façon Boosty Collins. Le sauveur était Alain Bashung. En personne. Un immense rocker de passage à Fougères. Une visite inopinée. Dans un lieu culte. Alain est reparti incognito, dans sa Dauphine.

 
Merci Alain. Avant de composer sur le thème de la masse, tu nous as laissé JC sain et sauf. Mais traumatisé. Depuis, il a échangé sa Lespaul court-circuitée contre une Jazzbass Fender bien câblée, assouvi enfin son rêve en troquant une six cordes contre une quatre. Depuis le temps qu’il s’imaginait taquiner du gros tirant dans une formation rythm’n’Bluesesque du genre de Simone. Aujourd’hui, la Musicman Stingray autant que la Lakland Darryl Jones font que Simone sonne de tous ses cuivres. A la question qu’un journaliste de Rock and Folk posait à JC à propos du truc qui fait masse, et qui l’aurait donc converti à la basse, P’tit Jean (c’est le surnom de JC, JC c’est comme Jean-Charles) ne répondit-il pas que la décharge électrique n’avait été que la goutte de bière qui avait fait déborder la chope … et qu’il aimait la basse tout simplement « parce que ça fait boum boum, et que c’est joli avec le tchak du batteur » !